Écoresponsabilité en activité libérale
Professionnels de santé, chacun de nos gestes compte. L’écoresponsabilité en santé ne consiste pas seulement à réduire nos déchets : elle concerne également la pertinence des soins, nos prescriptions, nos déplacements, nos achats, notre utilisation du numérique et l’organisation de nos cabinets.
🌱 Soigner autrement, sans compromettre la qualité des soins
Un soin écoresponsable recherche la meilleure prise en charge possible du patient tout en limitant, lorsque cela est possible, son impact environnemental.
Pour les professionnels de santé libéraux, les leviers sont nombreux : prescrire au plus juste, éviter les soins ou examens inutiles, limiter le gaspillage de médicaments et de matériel, mieux trier, optimiser les déplacements ou encore réduire les consommations énergétiques du cabinet.
7 axes pour agir au quotidien
Des actions simples, concrètes et adaptées à l’exercice libéral.
Pertinence des soins
Le soin ayant le moins d’impact est aussi celui qui n’est pas réalisé lorsqu’il n’est pas nécessaire.
- Éviter les examens et actes redondants ou non nécessaires.
- Respecter les recommandations et les durées de traitement.
- Éviter les renouvellements automatiques sans réévaluation.
- Développer la prévention afin d’éviter ou de retarder certaines complications.
- Favoriser des dépistages adaptés à l’âge et aux facteurs de risque du patient.
- Vérifier les examens déjà réalisés avant d’en prescrire de nouveaux.
- Est-ce nécessaire ?
- La quantité prescrite est-elle adaptée ?
- La durée est-elle appropriée ?
- Le patient possède-t-il déjà ce matériel ?
- Existe-t-il une alternative pertinente ?
Médicaments
La juste prescription et la réévaluation régulière des traitements participent à la qualité des soins tout en limitant le gaspillage.
- Prescrire la quantité réellement nécessaire.
- Réévaluer régulièrement les traitements chroniques.
- Limiter les renouvellements devenus inutiles.
- Sensibiliser les patients au bon usage du médicament.
- Proposer, lorsqu’il est indiqué, un bilan partagé de médication en pharmacie.
- Repérer les patients à risque d’iatrogénie médicamenteuse.
- Orienter les situations complexes vers le dispositif CEPPIM.
- Informer les patients sur le retour des médicaments non utilisés en pharmacie.
Matériel médical
Mieux gérer le matériel permet de réduire les déchets, les stocks inutilisés et les dépenses.
- Ne pas ouvrir du matériel tant que son utilisation n’est pas nécessaire.
- Adapter les quantités prescrites aux besoins réels du patient.
- Éviter de faire entrer au domicile plus de matériel que nécessaire.
- Vérifier le matériel déjà disponible avant toute nouvelle commande.
- Mettre en place une gestion des stocks par dates de péremption.
- Éviter le surstockage dans les cabinets.
- Lorsque cela est autorisé, orienter certains dispositifs vers une filière réglementée de remise en bon état d’usage.
- Limiter l’usage unique lorsqu’une alternative sûre, réglementaire et adaptée existe.
Déchets
Bien trier permet d’éviter de faire entrer dans les filières spécialisées des déchets qui pourraient suivre une filière classique de recyclage.
- Mettre en place un tri visible et facilement accessible dans le cabinet.
- Réserver la filière DASRI aux déchets qui en relèvent réellement.
- Séparer papiers, cartons, plastiques et emballages recyclables.
- Organiser une filière spécifique pour les piles, batteries et cartouches.
- Orienter les médicaments non utilisés vers les pharmacies.
- Informer les patients sur les différents circuits de collecte.
Mobilité
Les déplacements des patients et des professionnels constituent un levier important dans l’organisation territoriale des soins.
- Regrouper géographiquement les visites à domicile lorsque cela est possible.
- Mieux coordonner les interventions des professionnels autour d’un même patient.
- Éviter les déplacements inutiles grâce au partage sécurisé de l’information.
- Utiliser la téléconsultation lorsqu’elle est médicalement pertinente.
- Développer la téléexpertise entre professionnels.
- Favoriser, lorsque cela est possible, marche, vélo, covoiturage ou transports collectifs.
- Organiser territorialement les soins afin de rapprocher l’offre du domicile des patients.
Cabinet
Quelques changements simples peuvent réduire durablement les consommations d’énergie et de ressources.
- Installer progressivement des éclairages LED.
- Éteindre les équipements inutilisés en dehors des heures d’ouverture.
- Adapter le chauffage et la climatisation aux besoins.
- Limiter les consommations d’eau.
- Privilégier les produits d’entretien à moindre impact environnemental.
- Choisir du mobilier et du matériel durable et réparable.
- Regrouper les commandes pour limiter transports et emballages.
- Favoriser les fournisseurs locaux lorsque cela est possible et pertinent.
Numérique responsable
La dématérialisation peut réduire certaines consommations, à condition de conserver une utilisation raisonnée et sécurisée des outils numériques.
- Limiter les impressions lorsque le papier n’apporte pas de bénéfice.
- Éviter les impressions systématiques de documents déjà disponibles sous forme numérique.
- Limiter les pièces jointes volumineuses ou envoyées à de multiples reprises.
- Éviter la multiplication inutile des copies d’un même document.
- Utiliser des outils sécurisés adaptés aux données de santé.
- Supprimer régulièrement les fichiers temporaires et documents devenus inutiles dans le respect des obligations de conservation.
- Prolonger la durée de vie des ordinateurs, téléphones et équipements lorsque leur état et la sécurité informatique le permettent.
Une journée « Évitons le gaspi en santé »
Une action territoriale pour sensibiliser patients et professionnels au gaspillage des produits de santé.
Un médicament délivré à un patient puis non utilisé ne peut pas être redistribué à un autre patient. Il doit être rapporté en pharmacie et intégré à la filière réglementaire de collecte des médicaments non utilisés.
Le réemploi de certains dispositifs médicaux est également soumis à des règles spécifiques et doit être réalisé uniquement dans les filières autorisées.
🌱 Et si chaque professionnel commençait par 3 actions ?
L’écoresponsabilité ne nécessite pas de tout transformer immédiatement. Chaque cabinet peut identifier quelques actions simples et mesurer progressivement leur impact.
trois actions simples adaptées à mon activité.
ces actions dans mon cabinet ou dans ma pratique.
ce qui fonctionne et je poursuis progressivement la démarche.
Mon cabinet est-il écoresponsable ?
Évaluez simplement vos pratiques et identifiez les actions prioritaires à mettre en place dans votre exercice professionnel.
Pour chaque affirmation, indiquez où vous en êtes actuellement. À la fin du questionnaire, vous obtiendrez un score sur 100, votre résultat par domaine et 3 actions prioritaires personnalisées.
📊 Votre résultat par axe
🎯 Vos 3 actions prioritaires
À partir de vos réponses, voici trois pistes sur lesquelles agir en priorité.
L’objectif n’est pas de transformer toutes ses pratiques immédiatement. Choisissez trois changements simples, mettez-les en œuvre puis réalisez à nouveau cet autodiagnostic dans quelques mois.